Face à une sécheresse persistante depuis six ans, le Maroc connaît une crise de la production d’huile d’olive. La raréfaction de l’eau a fortement impacté les récoltes, entraînant une hausse spectaculaire des prix. Aujourd’hui, cet ingrédient incontournable de la cuisine marocaine devient difficilement accessible pour de nombreux foyers.
Une Hausse de Prix Sans Précédent
Dans les épiceries de Casablanca et d’autres grandes villes marocaines, les commerçants n’avaient jamais observé une telle augmentation. "Depuis le Covid, le prix a doublé !", témoigne Hicham, un épicier du centre-ville.
Le litre d’huile d’olive dépasse désormais 100 dirhams (environ 10 euros), obligeant les consommateurs à réduire leurs achats. Certains se tournent vers des bouteilles de 250 ml pour continuer à en utiliser, tandis que d’autres optent pour des alternatives comme l’huile de tournesol.
Un Impact Direct sur la Consommation
Une Chute des Achats
Autrefois un produit de consommation courante, l’huile d’olive devient un luxe pour les ménages les plus modestes. Une cliente, Lkhawda, exprime son désarroi : "C’est trop cher, mais il n’y a pas de production, pas de pluie !"
Des Alternatives Peu Satisfaisantes
Avec la flambée des prix, certains cuisiniers remplacent l’huile d’olive par des huiles végétales moins onéreuses. Toutefois, cette solution ne satisfait pas tout le monde, car elle altère le goût authentique des plats traditionnels marocains.
Des Mesures Gouvernementales Insuffisantes ?
Pour limiter l’impact de la crise, le gouvernement a pris plusieurs décisions :
- Restriction des exportations d’olives dès 2023.
- Ouverture du marché aux huiles d’olive importées, notamment du Brésil.
Malgré ces efforts, les prix restent élevés et la situation pourrait s’aggraver si les précipitations ne reviennent pas.
Une Agriculture à Repenser
La sécheresse au Maroc n’est plus un phénomène ponctuel mais structurel. Selon Badr Zaher, professeur-chercheur en droit des affaires à l’université Hassan II de Casablanca, il est urgent de revoir les méthodes agricoles.
"L’agriculture consomme plus de 80 % des réserves d’eau du pays", explique-t-il. Une transition vers des pratiques plus durables devient indispensable pour garantir la sécurité alimentaire à long terme.
Le changement climatique et la sécheresse transforment profondément l’économie marocaine. Si aucune solution durable n’est trouvée, des produits emblématiques comme l’huile d’olive pourraient devenir inaccessibles pour une grande partie de la population.


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