Les producteurs de betteraves de l'Eure face à une baisse des revenus attendue en 2025

Les producteurs de betteraves de l'Eure face à une baisse des revenus attendue en 2025

 

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Les producteurs de betteraves de l'Eure se retrouvent dans une situation préoccupante alors que 2025 approche, redoutant une chute significative de leurs revenus. Après une forte hausse des prix du sucre ces deux dernières années, les agriculteurs se préparent à une baisse inquiétante des prix, conséquence directe de la guerre en Ukraine.

Un futur incertain pour les agriculteurs

Estèphe Quillet, un producteur situé à Gamaches-en-Vexin, prévoit déjà des difficultés financières pour l'année 2025. Bien qu'il commence à semer ses betteraves dans environ un mois et demi, il exprime ses inquiétudes vis-à-vis de l'accord signé avec son partenaire industriel, qui ne correspond pas à ses attentes en termes de rémunération. En 2023-2024, le prix du sucre a connu une flambée, atteignant plus de 1.000 euros la tonne, mais la situation a radicalement changé. La guerre en Ukraine a entraîné une forte augmentation des importations de sucre ukrainien, perturbant ainsi l'ensemble du secteur. En conséquence, le prix du sucre en Europe est redescendu sous la barre des 500 euros la tonne, un coup dur pour les producteurs.

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Des défis supplémentaires liés à la réglementation

Les agriculteurs de l'Eure font face à une autre difficulté : la réglementation en matière de produits phytosanitaires. Selon Gilles Lievens, président de la chambre d'agriculture du département, les agriculteurs perdent des outils essentiels pour lutter contre les mauvaises herbes et les ravageurs, alors que ces produits restent autorisés dans d'autres pays voisins. Cette situation crée une distorsion de la concurrence, compliquant encore les conditions de production.

Malgré ces difficultés, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a exprimé l'idée que la France pourrait autoriser certains produits phytosanitaires, déjà utilisés ailleurs en Europe, afin de garantir la pérennité des filières agricoles françaises. Cette suggestion vise à soutenir les producteurs face aux enjeux croissants du secteur agricole.

Les autorités se veulent rassurantes

Lors d'une visite à la sucrerie d'Étrépagny, le préfet de l'Eure, Charles Giusti, a tenu à apporter des assurances aux producteurs, soulignant la nécessité de trouver un équilibre entre le soutien apporté à l'Ukraine et la préservation de la souveraineté alimentaire. Il a insisté sur l'importance de travailler à une vision à long terme pour la filière sucrière, en tenant compte des défis et des opportunités à venir.

La situation des producteurs de betteraves de l'Eure pour 2025 semble incertaine. La baisse des prix du sucre, combinée à des réglementations restrictives sur les produits phytosanitaires, met les agriculteurs dans une position délicate. Les autorités se montrent conscientes des enjeux, mais il reste à voir comment elles parviendront à soutenir cette filière stratégique pour l'économie locale et nationale. Le secteur agricole devra faire preuve de résilience face à ces défis et travailler à des solutions durables pour préserver la rentabilité de la culture de la betterave.

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